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Trouble du Déficit de l’Attention (TDAH) : pour ou contre la Ritaline

Jan 12, 2019 | Comparatif

La Ritaline est un médicament régulièrement prescrit aux enfants présentant un Trouble du Déficit de l’Attention (TDA), avec ou sans Hyperactivité(TDAH).

Son efficacité, parfois spectaculaire, en a fait une solution fort répandue dans le traitement du TDA et TDAH, bien qu’elle compte cependant son lot de détracteurs.

En effet, les risques encourus par la prise de ce médicament sont faibles, mais bel et bien existants. De plus, son utilisation est régulièrement soumise à des débats éthiques…

Il est en effet admis que le TDA ne relève pas d’une pathologie, mais bien d’un trait de caractère particulier que la Ritaline cherche à effacer chimiquement.

 

Qu’est-ce que la Ritaline ?

La Ritaline est un médicament disponible sur ordonnance, dont le principe actif est le méthylphénidate. Cette molécule est également distribuée sous d’autres appellations, telles que Ritalin, Métadate, Hynidate, ou encore Quasym – cette liste n’étant pas exhaustive. Les médicaments à base de méthylphénidate ont des effets thérapeutiques identiques, mais peuvent présenter des durées d’action variables.

 

Comment fonctionne la Ritaline ?

Il semblerait que la Ritaline modifie le mode de transmission neuronale en augmentant la concentration de neurotransmetteurs dans les fentes synaptiques du cerveau. Si cette hypothèse est privilégiée pour expliquer l’effet de ce médicament, il faut cependant souligner que, comme bien des psychotropes, son mode d’action exacte n’est pas connu de la sphère scientifique.

 

À quoi sert la Ritaline ?

La Ritaline est un psychostimulant qui agit sur certaines zones du cerveau pour lutter contre l’apathie. Ce traitement était, à l’origine, conçu pour traiter les accès de sommeil incontrôlables induits par la narcolepsie. Ses bénéfices dans le traitement du TDA chez l’enfant ont été découverts relativement par hasard, et la Ritaline est devenue depuis un médicament de référence pour traiter ce trouble.

Alors que chez un enfant ne présentant pas de TDA la Ritaline devrait provoquer insomnie, excitation et angoisse, elle a l’effet inverse chez les patients TDA. Elle alors prescrite pour :

  • Augmenter la capacité de concentration et d’écoute ;
  • Diminuer les manifestations d’impatience et l’impulsivité
  • Amoindrir l’hyperactivité physique

Cependant, tous les patients ne ressentent pas les effets bénéfiques de la Ritaline et certains enfants diagnostiqués TDA présentent des réactions similaires à celles des sujets non TDA.

 

Les bénéfices de la Ritaline

Les bénéfices de la Ritaline sur les enfants TDA ne sont plus à prouver. Pour qu’ils se manifestent, l’enfant doit néanmoins répondre favorablement au traitement, ce qui est loin d’être le cas de tous les sujets. Lorsque l’enfant supporte bien la Ritaline, il développe une meilleure capacité de concentration, devient visiblement plus patient et tempère davantage ses émotions et réactions.

Dans sa vie quotidienne, cela se manifeste entre autres par de meilleurs résultats scolaires, plus d’enthousiasme pour terminer les tâches entamées et une diminution – voire une disparition – des tics et de l’agitation physique.

Moralement, il est aussi question du « devoir de traiter » qui sous-entend que laisser un enfant dans la difficulté peut s’avérer extrêmement néfaste pour son bien-être à long terme. Les enfants TDA sont notamment susceptibles de se retrouver en échec scolaire, ce qui peut mettre en péril leur avenir.

Ils peuvent aussi rencontrer des difficultés à tisser du lien social et se voir rejetés par leur entourage. Au regard de ses effets secondaires, parfois inexistants ou modestes, le traitement à la Ritaline mérite donc d’être considéré comme une solution crédible pour éviter toute complication, notamment sociale, à court et long terme.

 

Les inconvénients de la Ritaline

Les traitements à base de psychotropes ne sont pas à prendre à la légère, et bon nombre d’enfants TDA ne supportent pas mieux la Ritaline que les enfants non TDA.

Les effets du médicament tendent dans ce cas à aggraver les symptômes du TDA, parfois durablement. Au-delà de cette problématique, le traitement par Ritaline n’est pas connu pour être particulièrement risqué pour le patient. Chez l’enfant, les effets secondaires sont peu fréquents et le plus souvent sans gravité.

La question qui anime le débat est, de fait, plutôt éthique. En effet, il est depuis longtemps prouvé que le TDA n’est pas une maladie ou un état pathologique. Il s’agit plutôt d’un caractère particulier qui sort de la norme, c’est-à-dire qui se distingue du caractère présenté par le plus grand nombre. Il ne présente donc aucun danger pour la santé de l’enfant TDA, mais devient problématique dans le cadre de ses interactions sociales.

De fait les enfants TDA ont tendance à mal supporter les contraintes imposées par notre société, et notamment celles liées à la vie scolaire. Les détracteurs de la Ritaline pointent du doigt le fait de modifier chimiquement le ressenti et le comportement des enfants TDA dans l’unique but de les adapter à une société qui fait mauvais ménage avec leur caractère.

De plus, le méthylphénidate présente une parenté chimique significative avec les amphétamines, substance générant une forte dépendance et classée comme stupéfiant. Néanmoins, aucune forte dépendance n’est observée chez l’enfant, qui a davantage tendance à refuser son traitement qu’à manifester des grandes difficultés à s’en sevrer. Des syndromes de dépendance et d’accoutumance peuvent cependant être décelés chez l’adulte,

c’est pourquoi la Ritaline est considérée en France comme un stupéfiant et voit sa prescription lourdement encadrée.

La Ritaline est également suspectée, à tord ou à raison, d’augmenter le risque d’usage de drogue chez l’adolescent et le jeune adulte.

 
Bilan
Les bénéfices de la Ritaline chez les enfants TDA qui ont besoin de mieux se contrôler pour entrer dans les clous de la société peuvent être significatifs.

Ses inconvénients pouvant également s’avérer conséquents, il est néanmoins nécessaire d’en réserver l’usage aux enfants qui en ont strictement besoin et en ressentent les bienfaits.

Dans le cas où la Ritaline ne prodigue pas ou peu de bénéfices, il faut également noter que des traitements non médicamenteux, complémentaires ou de substitutions, peuvent être envisagés.

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